TOGO : attention aux coups fourrés

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En fin de compte, il y a eu plus de peur que de mal au sujet de la session du parlement togolais d’hier. On n’a ni répression sanglante, ni assaut populaire contre l’hémicycle. C’est à croire que la baraka n’a pas encore totalement quitté le pays. Mais c’est aux politiciens de tous bords de veiller à ce qu’il en soit ainsi pour longtemps encore, sinon pour toujours. Pour cela, les uns et les autres doivent se battre et revendiquer en ayant l’intérêt exclusif du peuple en ligne de mire. Ce qui devrait commencer par l’instauration d’un climat de sérénité qui permette l’examen tout aussi serein et lucide du projet de loi au cœur de la crise actuelle. En particulier, pouvoir et opposition togolais devraient se garder de nourrir une crise pouvant se révéler préjudiciable à tous les acquis que le pays a déjà engrangés. Surtout si certains ont à cœur de se servir du contexte délétère du moment pour dérouler des agendas cachés et personnels.

En fin de compte, il y a eu plus de peur que de mal au sujet de la session du parlement togolais d’hier. On n’a ni répression sanglante, ni assaut populaire contre l’hémicycle. C’est à croire que la baraka n’a pas encore totalement quitté le pays. Mais c’est aux politiciens de tous bords de veiller à ce qu’il en soit ainsi pour longtemps encore, sinon pour toujours. Pour cela, les uns et les autres doivent se battre et revendiquer en ayant l’intérêt exclusif du peuple en ligne de mire. Ce qui devrait commencer par l’instauration d’un climat de sérénité qui permette l’examen tout aussi serein et lucide du projet de loi au cœur de la crise actuelle. En particulier, pouvoir et opposition togolais devraient se garder de nourrir une crise pouvant se révéler préjudiciable à tous les acquis que le pays a déjà engrangés. Surtout si certains ont à cœur de se servir du contexte délétère du moment pour dérouler des agendas cachés et personnels.


Processus irréversible
De toute évidence, dans le camp du pouvoir togolais, certains ont voulu jouer au plus malin. D’autres, sous-estimant sans doute l’ampleur du mécontentement de la rue, ont poussé les opposants à bout. Mais on a désormais l’impression que les autorités togolaises ont bien pris la mesure des enjeux. Ainsi, les deux dernières manifestations de l’opposition n’ont pas enregistré de victimes. De même, en dépit de l’interdiction de la manifestation d’hier devant le parlement, il n’y a pas eu de répression. On a préféré sacrifier la première journée de la session parlementaire. Or, nous apprenons que l’avant-projet de loi adopté par le dernier conseil des ministres devrait finalement figurer au menu de la session parlementaire. La dynamique de la réforme exigée par l’opposition est donc en marche. Bien entendu, il est regrettable que le pouvoir ait attendu que la situation se crispe à ce point pour entendre raison. Mais le plus important c’est que le processus est désormais enclenché de manière irréversible.
Agendas cachés
Cependant, pour que la dynamique aille à son terme et que surtout, elle profite aux Togolais, l’opposition a aussi une partition à jouer. Les adversaires au régime de Faure Gnassingbé doivent notamment faire montre de lucidité et de responsabilité. Qu’ils soient vigilants, ce serait très légitime. Mais ils doivent jouer franc-jeu. Cette mise en garde nous parait nécessaire dans la mesure où on a l’impression que quelques opposants ont des agendas cachés. Ceux-là s’imaginant que le régime en place est fragilisé, voudraient en profiter pour s’emparer du pouvoir à leur tour. Ce n’est ni honnête, ni courageux. Profitant de la naïveté du peuple et exploitant cyniquement la posture peu enviable du pouvoir togolais, ils auraient une stratégie consistant à créer de l’amalgame et de l’intox sur le dos du régime incarné par Faure Gnassingbé. Ainsi, les opposants savaient tous que la programmation de la session du parlement d’hier n’avait rien en commun avec l’adoption, le 5 septembre dernier, de l’avant-projet de loi par le Conseil des ministres. Mais c’est pourtant ce qu’ils ont laissé croire. Sauf qu’en agissant ainsi en douce, ils mettraient en danger le Togo et les Togolais. Parce qu’on imagine que poussé à son dernier retranchement, le pouvoir finira bien par réagir. Or, de cette réaction, on ne sait jamais ce qu’il peut en résulter. Par contre, une chose reste certaine. Le Togo n’a pas besoin de revivre certaines périodes sombres de son histoire. Y compris quand c’est de l’avenir de Faure Gnassingbé qu’il est question.
Boubacar Sanso Barry

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