Les Kényans de plus en plus divisés à l'approche de la nouvelle élection

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Au début du mois, la Cour suprême du Kenya a invalidé la réélection d'Uhuru Kenyatta, le président sortant, à cause d'irrégularités dans le scrutin, et ordonné l'organisation de nouvelles élections le 17 octobre. Une victoire pour l'opposant Raila Odinga. Mais dans les fiefs d'Uhuru Kenyatta, comme à Gatundu, sa ville d'origine, le verdict est très dur à accepter.

Irene Kinyanjui, vendeuse de légumes, arbore fièrement une jupe à l'effigie d'Uhuru Kenyatta. Selon elle, la Cour suprême n'a pas respecté la volonté des Kényans. « C'est injuste. Tout le monde sait qu’Uhuru a gagné, les observateurs internationaux l'ont dit. Et ils se plaignent de l'élection présidentielle; mais les gouverneurs et les parlementaires, eux, ont déjà prêté serment, personne ne se plaint de ces élections-là. Donc cette décision est injustifiée. »

Ici la frustration est palpable, car à Gatundu, Uhuru Kenyatta est un frère, un fils, un père, le seul capable de diriger le pays, explique John Danda qui vend des CD. « Le président est proche de nous, et il s'occupe de tous les Kényans, pas seulement des gens de Gatundu, raconte-t-il. Il n'a fait qu'un mandat, et il faut lui en laisser un second pour le laisser finir son programme de développement. »

Régine était à son étal lorsque le verdict de la Cour suprême est tombé ; elle se souvient des pleurs et des cris dans le marché. Elle en veut aux juges, mais surtout à Raila Odinga : « Raila Odinga est égoïste, il a déjà perdu des élections trois fois, et il n'a jamais accepté la défaite. Ce n'est juste pour personne. Et cette fois, vous verrez, nous allons retourner voter, et nous mettrons fin à sa carrière politique pour l'éternité. »

A Gatundu, on vise les 99% de voix pour Uhuru Kenyatta le 17 octobre. Impossible de voir Raila Odinga devenir président, disent les habitants, avec un rire gêné et des regards inquiets.

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