Société : Les mouvements de foule en Guinée : Etat où es-tu ?

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Il est fréquent qu’en Guinée en général lors des mouvements de foules, qu’ils soient d’ordre politique ou social que des jeunes surexcités s’empennent aux biens publics et privés le plus souvent, sous les regards impuissants ou quelques fois complices des forces de l’ordre. Ceci en toute impunité.

Il est fréquent qu’en Guinée en général lors des mouvements de foules, qu’ils soient d’ordre politique ou social que des jeunes surexcités s’empennent aux biens publics et privés le plus souvent, sous les regards impuissants ou quelques fois complices des forces de l’ordre. Ceci en toute impunité.

Depuis un certains temps la région de Boké est en pleine ébullition. Des remous sociaux qui ébranlent la paix et la quiétude sociale au cours desquels, des édifices publics et privés ont été détruits. Les violences à Boké ont emporté en plus des magasins et boutiques du grand marché de la ville, quelques engins lourds d’une société minière opérant dans la région (un compacteur, un grader et un bulldozer ont été calcinés). Des engins utilisés pour la réparation du tronçon Baralandé-Boké. Des édifices publics et même des symboles de l’ordre public tel que la gendarmerie ont été saccagés par des émeutiers qui réclamaient le retour du courant électrique. La même chose s’est répétée à Sangarédi, Kamsar et à Kolaboui où les symboles de l’Etat ont été saccagés et brulés sans que personne ne soit inquiétée.

Et l’effet domino de l’absence de l’Etat et ses conséquences.

Lors des multiples manifestations de rues organisées le plus souvent par l’opposition à Conakry, il est fréquent qu’on assiste à des scènes semblables à celles de Boké où des pneus sont brulés et où des militants en colère s’attaquent aux biens publics et privés. Les pertes sont très souvent énormes. Tenez, rien qu’en 2013, le groupe organisé des hommes d’affaires de Guinée (GOHA) annonçait une perte de plus de 50 milliards de francs guinéens suite aux casses de magasins et boutiques des commerçants lors des mouvements politiques en Guinée . Mais jamais ou presque jamais, l’Etat n’a sévi pour punir à la hauteur de leur forfaiture les présumés auteurs de ces casses. Souvent les personnes arrêtées sont relâchées le lendemain moyennant une certaine somme d’argent. La justice ne punissant pas à Conakry, l’effet contagieux a gagné l’intérieur du pays. Des scènes de pillages tantôt à Siguiri, tantôt à Kankan ou à N’zérékoré, à Labé ou encore à Coyah etc.… Et oui ! Du« chacun à son tour » sans que personne ne soit inquiétée. Et on cassera davantage tant que l’autorité de l’Etat ne se fera pas sentir, tant que les coupables ne seront pas traduits et jugés par un tribunal et condamnés selon les lois de la République.

Où est la loi anticasseurs ?

Elle devrait pénalement rendre responsable les signataires, organisateurs, harangueurs des foules et incitateurs des mouvements de casse, même à leur insu. Où est-elle ? Elle avait été votée par le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP) alors majoritaire à l’Assemblée Nationale sous le régime du Général Lansana Conté. Un temps, le professeur Alpha Condé a brandit la menace d’y faire recours contre les multiples casses à Conakry et à l’intérieur du pays mais en vain. Elle reste bien au chaud dans les tiroirs.

Pour répondre à la vague de violences à Boké, Kamsar, Sangaredi et Kolaboui, le gouvernement s’est d’un coup réveillé et veut sévir. Il l’a fait par le biais d’un communiqué, dans lequel il rassure les populations des localités touchées, de la prise les dispositions pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Il dit également  que les responsabilités seront situées et les dispositions prises pour tous les cas d’actes illégaux. On est tout simplement tenté de dire que c’est «  le médecin après la mort ».

Abdoul Karim Barry

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