L’ex président de l’Assemblée nationale a comparu ce jeudi 20 mars 2025 devant la chambre des appels de la CRIEF, au compte de son procès en appel. L’audience a été consacrée à l’exposition des motifs d’appel des parties.
L’avocat de la partie civile a expliqué avoir relevé appel parce que dans sa décision, la chambre de jugement a ordonné la main levée sur les biens de l’honorable Amadou Damaro Camara.
Avec cette décision, l’État guinéen ne peut prétendre à une quelconque réparation dans cette affaire, a ajouté Me Ibrahima Kalil Camara. L’ex président de l’Assemblée nationale et l’homme d’affaires chinois ont été solidaiement condamnés en première instance à payer à l’État, un montant de 5 milliards de francs guinéens. Puisque la partie civile a relevé appel, le ministère public est dans l’obligation d’exercer un appel incident, a indiqué Aly Touré.
Les avocats de la défense de l’honorable Amadou Damaro Camara ont aussi exposé leurs motifs d’appel. Selon Me Santiba Kouyaté et Me Lancei 3 Doumbouya, le jugement querellé a violé les dispositions des articles 5, 765, 771 du code de procédure pénale.
Les deux avocats ont aussi dénoncé ‘’l’interprétation erronée et la mauvaise application’’ des dispositions des articles 19 et 21 de la loi relative à celles de finances. Le même jugement, ont-ils poursuivi, a fait une mauvaise application des articles 3 et 52 de la loi sur la corruption.
Ils ont ajouté à cela, l’interprétation erronée et la mauvaise application des dispositions 18 et 38 du code des marchés publics.
Ces deux conseils ont soutenu que dans les 15 milliards de francs guinéens incriminés, l’honorable Amadou Damaro Camara n’a utilisé aucun centime à des fins personnelles. Pour ce qui est de l’avocat de l’homme d’affaires chinois, il a fait savoir à la Cour que son client a été condamné en première instance pour corruption alors qu’à son point de vue, les éléments constitufs de cette infraction n’étaient pas réunis.
Tous ont demandé à la Cour d’infirmer le jugement querellé. Le juge a renvoyé l’affaire au 10 avril prochain pour l’ouverture des débats.