Culture/Théâtre : Quel avenir pour le théâtre guinéen sous le magistère de Bantama Sow ?

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Créé dans les années 90, le théâtre national de Guinée a longtemps été le porte flambeau de cet autre art de la scène. Soutenu sous la première République, les planchées guinéennes ont raisonné durant des années et cela s’est transporté sous d’autres cieux avec à la clé du succès et d’innombrables trophées.

Créé dans les années 90, le théâtre national de Guinée a longtemps été le porte flambeau de cet autre art de la scène. Soutenu sous la première République, les planchées guinéennes ont raisonné durant des années et cela s’est transporté sous d’autres cieux avec à la clé du succès et d’innombrables trophées.

Mais aujourd’hui le tableau est totalement sombre pour ces intellectuels de la culture. Pour cause, le théâtre guinéen traverse le désert depuis des décennies, une discipline autre fois mieux récompensée est abandonnée par les autorités du pays. Mais malgré cet état de fait, les comédiens guinéens se battent pour ne pas que le théâtre meurt.

Selon ces mêmes comédiens, cette situation est entretenue par le département en charge de la culture qui ne fait pas assez d’efforts pour redorer le blason de cette discipline. Cette situation se matérialise par un manque total de stratégie, et par l’absence d’une véritable politique nationale de la culture. Face à cet état de fait, les hommes de culture n’en démordent  pas.

 « Il n’y a pas une structure culturelle qui a autant de prix que le théâtre en Guinée. Le théâtre national a raflé combien de trophées ? Nous ne sommes  jamais allés à une compétition sans ramener un prix. Mais de nos jours, lorsque tu débarques au département, et qu’on se rende compte c’est le théâtre, à peine si on te reçoit parce qu’on dit qu’on est trop lettré. Nous sommes les intellectuels de la culture, caractérisée par le théâtre et la lecture. On se bat mais on n’aboutit jamais à partir du moment où on ne nous permet même pas de parler. Tu fais comment ? Nous n’avons de choix que de travailler avec les privés et les particuliers qui au moins accordent  un peu d’importance à ce que nous faisons », Rougui Camara, comédienne.

Les créations théâtrales sont faites dans les salons personnels et parfois sous les vérandas. Pour voir le théâtre il faut prendre rendez-vous au centre culture franco-guinéen, seule structure apte à recevoir le théâtre. Le manque d’espace de présentation de spectacle a fortement contribué à la descente aux enfers du théâtre en Guinée. L’amour du métier et le plaisir de se retrouver sur scène reste la seule motivation des comédiens. « Quand tu as une équipe qui te soutient. Tu as des amis comme Rougui, comme toi mon frère, comme Monsieur Condé qui n’est pas du théâtre mais qui dit vas-y ça peut aller. Quand ta famille et  tes proches t’aident et te soutiennent, tu ne peux qu’avoir de l’énergie  qu’il faut pour pouvoir  t’éclater au maxi sur scène », déclare Fatou Sagnane, comédienne.

En attendant une prise en charge du théâtre par les autorités guinéennes en charge de la culture, le théâtre respire grâce aux partenaires privés et à l’appui du centre culturel franco-guinéen. La question qui se trouve sur toutes les lèvres est de savoir si Bantama Sow pourra insuffler une nouvelle dynamique au théâtre guinéen.

Bouba Mopao

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